Step 6 : cache-cash
On ne va pas se mentir, le coût de la vie ici est en général plus cher qu’en France. Je dis bien « en général« , puisque dans certains domaines, le Canada ressemble aux Etats-Unis, et il est donc plus avantageux d’acheter en Amérique du Nord qu’en Europe : c’est notamment le cas pour l’éléctrique/électronique, le textile (spécialisé ou non), ou encore la junkfood (MANGEEEER GAAH).
Mais ce qui m’a le plus choqué, ce n’est pas le prix des transports, des logements, des fruits et légumes ou même l’INVESTISSEMENT EN MOUCHOIRES. Non. Ce sont les livres. L’université est onéreuse pour les Canadiens, même si les revenus sont meilleurs qu’en France. Mais l’université ne comprend pas le coût des livres, qui T’ARRACHE LA PEAU DU FESSIER A LA PINCE.
Pas de panique Monique, il y a la bibliothèque universitaire, l’oasis dans le désert. *T’as vu, ça rime. This is THE VOIIICE*
En effet, pour un semestre (= 4 mois), il serait un peu dommage d’investir dans des livres souvent encombrants et inutiles pour la suite de notre parcours scolaire. L’emprunt est donc la solution parfaite pour tout étudiant en échange. Et la bibliothèque est graaaande, donc pas de souci.
PENSES-TU LULU. TOO EASY. La majorité des livres demandés par les professeurs (et pas seulement du programme Business) ne sont PAS dans cette damned bibliothèque. Mieux, les livres sont au Bookstore. Endroit idéal pour remettre se remettre les idées en place sur quelques aspects Disneyland de la culture écrite en France : bibliothèques fournies, prix unique des livres, réduction étudiante presque partout, prix des ouvrages spécialisés en adéquation avec le statut d’étudiant, bouquinistes, et j’en passe (Jean passe). Et ici ? Ben open your eyes, sweetheart.
Deux choses choquent donc terriblement mon petit coeur (kiléminion ❤) :
– Qui est prêt à mettre plus de 100€ dans un livre ? Qui plus est un livre théorique, pas même un « beau livre », et utile sur le court terme seulement. Vous le savez, en ce qui me concerne, un livre vaut tout l’or du monde. La Littérature n’a pas d’autre prix que celui que notre coeur lui donne, mais NONDIDIOU. Payer l’équivalent d’un téléphone portable, de 2 mois de courses, ou de 8 mois d’internet pour apprendre que : « la mondialisation c’est cool pour le business; il faut être gentil avec ses collègues, sinon c’est pas glop pour l’ambiance de travail« , what the fuck is in your mind guys.
– Shakespeare = 16$ ? Organizational Behaviour = 203$ ? Je dois développer …? Tu cherches les ennuis.
SONNET 18 – Shakespeare
Shall I compare thee to a summer’s day?
Thou art more lovely and more temperate:
Rough winds do shake the darling buds of May,
And summer’s lease hath all too short a date:
Sometime too hot the eye of heaven shines,
And often is his gold complexion dimm’d;
And every fair from fair sometime declines,
By chance, or nature’s changing course, untrimm’d;
But thy eternal summer shall not fade
Nor lose possession of that fair thou ow’st;
Nor shall Death brag thou wander’st in his shade,
When in eternal lines to time thou grow’st;
So long as men can breathe or eyes can see,
So long lives this, and this gives life to thee.
Ca, ça vaut moins d’1$ pour toi ? (Instant maths : 16 dollars divisés par plus d’une centaine de sonnets, ça fait bien moins d’1$ par sonnet.)Si oui, va t’arracher les yeux à la petite cuillère. Cordialement.
(C’était la partie offusquée du blog.)
Je vous demande une minute de silence philosophique pour réfléchir sur la valeur des choses.
(C’était la partie spirituelle du blog.)

Bon, en vrai, j’ai réussi à passer entre les balles (tiens, on a retrouvé Charlie !), puisque j’ai au total 1 livre peu coûteux, 1 coûteux donc j’ai trouvé une version pdf gratuite (chut), et 1 moyennement coûteux que nous nous partageons V. et moi. MAIS BON. C’est pour le principe français de râler, j’aime bien.


