Ou comment dire merde à ton cholestérol avec le sourire
Il y a environ deux semaines, j’ai pris une ride. Si, si. Parce que je le VEAU bien. Et pour fêter ça, je ne savais pas quoi faire. Une situation tellement décalée par rapport à la ride de l’année dernière, cf. album photo. Anyway. Ma gentille colocataire Cathy m’a alors proposée de me joindre à elle et son église, qui organisait justement, ce jour là, une sortie à la fameuse « cabane à sucre« .
Là, je me dois de faire une pause, parce que tu es soit en train de rire très fort, soit en train de paniquer très gravement. Ne t’inquiète pas : je reste du côté des gens vulgaires et dépravés, et ce n’est pas un hostie même pas enrobé de chocolat qui va me tenter, nom de dieu. #rire
Bref, comme d’habitude, j’ai mangé à tous les rateliers. Et puis, pour me donner bonne conscience, je me suis dit que ce serait l’occasion de 1) rencontrer des gens, probablement adorables et bienveillants et 2) observer un peu la maison du Père Noël de plus près, côté Québecois. Mais ma conscience, vous savez que je l’utilise plus généralement en PQqu’en excuse. Du coup, je préfère vous dire que je voulais juste expérimenter la cabane à sucre, quel que soit le moyen.
En effet, si vous allez au Canada en hiver, il y a fort à parier que vous « sucrer le bec » soit une activité que l’on vous conseille absolument de faire au moins une fois. Bon, toi, le Parisien, tu ne sais sûrement pas ce que c’est. Une cabane à sucre n’a rien à voir avec le HLM comestible d’Hansel et Gretel, je te rassure. Dommage. Pourtant on s’en rapproche. Alors comment t’expliquer… une cabane à sucre est un endroit authentique québecois, situé dans la cambrousse, et où tu peux te faire éclater le bidon avec des produits gastronomiques locaux, comme le sirop d’érable sous toutes ses formes.
Figure-toi qu’elles ont même un site à elles, où tu peux trouver, comme sur Tinder, la cabane à sucre qui te matche le mieux les papilles : http://www.cabaneasucre.org/ . Dans leur petite partie « Histoire », on note notamment ceci : « Les cabanes à sucre d’aujourd’hui sont apparues au début du 19e siècle. On y sert aujourd’hui des repas typiques composés de crêpes, de fèves au lard, de soupe aux pois, des oeufs, du jambon, des oreilles de crisse, des bonbons à l’érable, du beurre d’érable, de la tire sur la neige et sans oublier, le sirop d’Érable. »
Voilà. Bon. Maintenant que tu as eu le menu, je vais te dire la vérité sur ces endroits de débauche et d’orgie cholérétique : c’est vrai. Après avoir embarqué dans une des 3 voitures de membres de la People’s Church, Cathy et moi sortons enfin de Montréal, direction l’Estrie. Une bonne demi-heure de voyage plus tard, nous arrivons dans une région pleine de cabanes à sucre, dont beaucoup sont fermées, car la fin de la saison approche à grand pas. Nous retrouvons les autres membres du groupe à la Goudrelle. Le stéréotype d’une cabane à sucre correspond à peu près à celui-ci : vous retrouvez Davie Croquett dans une petite cabane au fin fond de la forêt canadienne (juste à côté de celle de Cabrel, au fond du jardin). Rencontre intimiste et authentique, dont les bons petits plats faits-maison vous tiennent au corps et vous réchauffent le coeur. C’est en effet la réalité de certaines petites cabanes à sucre. Mais la Goudrelle correspond un peu au Walt Disney des cabanes à sucre, tu vois. Genre parking rempli, file d’attente jusque dehors, et un établissement aussi grand que l’ego de ce bon vieux Trump. Bref, petit regard circonspect avec Cathy, mais soit, pourquoi pas.
Une fois installés parmi les dizaines de tablées monstrueuses, l’orgie a pu commencer joyeusement. C’était un buffet all-you-can-eat, servi par une gentille hôtesse. J’en ai profité pour faire plus ample connaissance avec tous ces gens autour de moi, venant de tous horizons et ayant pour point commun cette église qui se veut « internationale ». Une journée très enrichissante et agréable. Je crois que j’ai réussi à bien faire le sous-marin, sauf pour une dame, gentille mais déterminée à m’intégrer dans « le club pour jeunes de l’église ». Kéléminione.
– To which church do you go ?
– Oh you know, I don’t go to the church.
– *shocked* And why ?
– Errr…. *should I break her illusions or not ?*
– Oh I see, you’ve juste arrived in Montreal !
– Errrr…xactly !

Après ce copieux repas, nous avons roulé jusqu’aux érables qui bordent l’établissement, et où la sève est recueillie à même les arbres en hiver. La Goudrelle propose aussi un petit promène-couillons en calèche, et il y a également, pour la plus grande joie des tout-petits, un minuscule manège d’environ 8m² où 4 poneys tournent en rond autour d’un poteau. La foi en l’humanité, dites-vous ? Elle est partie par là, en suivant le bon goût.
Après cette petite promenade digestive, nous sommes retournés finir notre régime de printemps avec la fameuse « tire« . Je te fais le tableau, jeune padawan : de la neige, du sirop d’érable chaud qui coule dessus, un batonnet qui s’enroule dedans, on tire et… hop ! Un snack délicieusement sucré.

Après ces péripéties et les vaisseaux remplis de glucose, retour en milieu d’après-midi vers Montréal. C’était la première fois que je voyais la ville de l’extérieur depuis mon arrivée, et c’est vraiment quelque chose que j’aimerais refaire. Je n’étais malheureusement pas du bon côté de la voiture, donc je n’ai pas pu faire beaucoup de photos. On a cependant pu admirer le Mont Saint-Grégoire, près de la cabane à sucre. Ou alors était-ce le Mont Saint-Hilaire. Who knows.
Dimanche, vrai jour de ma ride. J’ai profité du beau temps pour sortir mes gambettes et aller prendre des coups de soleil au parc Jarry, avec un bon thé et un cookie Tim Horton’s. Les premiers vendeurs ambulants ont même fait leur entrée ce jour là ! Bon, au moment où j’écris ces lignes, deux semaines après, il pleut comme caribou qui pleure, mais ça va aller. Hier il faisait plus de 22 degrés, et j’ai repris des coups de soleil. Et beaucoup, beaucoup de vidéos. #teaser










