Roadtrip à New York : préliminaires et logistique

KESKON FAIT JEANNINE ?

Oui. Je dois me confesser. J’ai péché, et pas que du thon en boîte, taberwat. Je suis allée à NYC, aussi connue sous le doux nom de NYC-Tamère. Grâce à l’anniversaire de la Reine, qui permet d’avoir un jour férié au Québec, et à un jour off suggéré très gentiment par ma supérieure, j’ai donc pu faire un petit roadtrip solo pendant un peu moins de 4 jours. Hé wai maggle, on the road again !

Objectif du roadtrip : découvrir la Ville Qui Ne Dort Jamais en 4 jours, pour moins de 500$CAD (342 euros).

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Pour aller à NY depuis MTL, plusieurs solutions s’offrent à vous !

  • L’avion : le plus rapide (environ 2h), et aussi le plus cher (de 350 à 500$ aller-retour selon les promos et compagnies). J’imagine que si vous vous y prenez à l’avance, vous pouvez avoir des prix intéressants. Mais ce projet ayant vu le jour sur un coup de tête de ma part (4 jours avant le départ, YOLO), ce n’était pas possible pour moi. Et ne comptez pas sur Air France pour vous faire bénéficier des GP, car il n’y a bien évidemment pas de Montréal-New York sur cette compagnie. Il aurait fallu que je fasse Montréal-Paris puis Paris-NY pour en profiter à 200$, mais euh… non merci !
  • La voiture ou le covoiturage : pour environ 6/7h de route, vous pouvez relier MTL à NY à moindre coût. Mais l’idée de devoir conduire dans NY est plutôt du genre à me faire faire une descente d’organes. Donc non merci ! Quant au covoiturage, c’est assez répandu ici, mais j’avoue ne pas être assez confiante en ma chance pour dépendre d’un inconnu au passage de la frontière. Et le fait que je ne puisse pas communiquer hors de zones de wifi me bloque aussi pour le covoiturage, où il est souvent nécessaire de se téléphoner pour être sûre de qui-est-qui et qui-est-où.
  • Le train : assez cher et pas nécessairement si rapide par rapport à l’avion, cela vous permet cependant de profiter du paysage sereinement. Je ne me suis pas penchée sur la question plus que ça, cependant.
  • Le bus : option que je connaissais déjà et qui me semble être un bon compromis qualité/prix. J’ai eu un aller-retour pour environ 160$, avec de 7 à 8h de voyage aller. J’ai choisi la compagnie Greyhound parce que je la connaissais déjà et que la gare d’arrivée était pratique (juste à côté de Timesquare). Beaucoup critiquent Greyhound pour ses horaires souvent décalés et son service de moindre qualité, mais je n’ai eu que des expériences positives ou neutres jusqu’ici. A moins de jouer de malchance, c’est une valeur fiable, je trouve, et vous bénéficiez du wifi… à partir de la frontière US (pareil au retour, le wifi s’est arrêté en entrant au Québec, étrange).

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Passer la frontière : laissez tomber les petits papiers…

Je ne parlerai ici que de ce que j’ai moi-même vécu, et non pas de « comment entrer aux Etats-Unis en général« . Pour passer aux USA en venant du Canada, les modalités vont dépendre de votre moyen de transport. Je vous conseille donc de vous renseigner sur les sites des frontières US et CA. Sur les deux sites en question, j’avais trouvé qu’en entrant par la route (voiture et bus), pas besoin du fameux papier « ESTA » (Electronic System for Travel Authorization), dont vous devez faire la demande en ligne au préalable si vous entrez en avion ou en train. Sauf que comme tous les sites de douanes et de visas, personne n’est d’accord ni au courant. Du coup, je me suis pointée avec mon passeport, les 6$ demandés, une adresse d’arrivée, et c’est tout. Sauf qu’ils m’ont demandée l’ESTA, que je n’avais pas. C’est l’ancestrale technique du « partons à l’aventure avec un sac à dos et les mains dans les poches, et on verra bien« .

Mais ce n’est pas très grave : à la place, ils m’ont fait remplir un petit papier vert, avec des informations générales (Projetez-vous de faire un attentat armée d’un éplucheur électrique ? Si non, vous pouvez passer.), l’ont agraffé à mon passeport, et hop hop hop. Vous ne pouvez payer les 6$ qu’en cash ou par carte de crédit (pas débit). Et les sourires sont en option, alors montrez l’exemple et mettez de la joie dans la vie de ces gens. Préparez-vous aussi à retrouver vos affaires en BORDEL au retour dans le bus. J’avais amené des clémentines, bananes et cerises pour survivre au voyage, mais ils ne m’ont laissée que les cerises. « Ce qui ne s’épluche pas te rend plus fort« , comme doivent visiblement penser les douaniers américains.

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Et pour le logement alors ?

Se loger à New York peut potentiellement te faire perdre un bras. Mais j’ai creusé la question pour retarder la manchotisation de ta personne. De rien, c’est un plaisir. Vive les bras, j’adore les bras.

  • Avec un contac’, comme on dit au Québec : le meilleur plan reste en effet de connaître quelqu’un qui peut vous héberger gentiment sur place. Mais bon, faut avoir une vie sociale développée et ce n’est pas mon cas. Et puis demander aux autres, même si j’y travaille, c’est pas mon truc.
  • L’hôtel : trouver un hôtel à New York (Manhattan) pour moins de 200$ la nuit, surtout si vous le faite à l’arrache, c’est très très compliqué. Avec un objectif total de moins de 500$, 200$ par nuit pour 3 nuits auraient fait éclater le budget. Je me suis donc logiquement tournée vers les auberges de jeunesse, toujours moins chers que les hôtels les plus cheap. Hé bien détrompez-vous, les Youth Hostels commencent à 90$ la nuit, ce qui restait un peu trop haut pour mon objectif.
  • AirBnB : pourquoi changer une équipe gagnante ? Je commence à être une vraie pro de ce site, que je trouve d’une praticité déconcertante. J’ai donc opté pour un petit AirBnB chez l’habitant pour 50$ la nuit, ce qui fait un total de 150$ pour 3 nuits. Vous me connaissez un peu : il m’en faut peu pour être heureuse, et pour un petit roadtrip, je cherche juste un endroit où dormir et me laver, et où laisser mes affaires en sécurité pendant la journée. De fait, un simple canapé me suffit, et c’est ce qui était proposé chez Sofia, une artiste ukrainienne à la retraite, à NY depuis 20 ans. Bon, l’histoire dira que ça ne valait guère les 50$ par nuit, mais ça aurait pu être bien pire, et puis ça a alimenté mon stock à anecdotes.

NB : si vous voulez vous créer un compte AirBnB, n’hésitez pas à me le faire savoir. Je peux vous parrainer, ce qui me fait accéder à quelques réductions à chaque fois que vous l’utiliserez. C’est toujours bon à prendre ;D !

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Et keskonfait ?

Une fois la logistique terminée, les billets imprimés et le passeport bien accroché, il s’agissait de bien rentabiliser le peu de temps passé là-bas, avec un incroyable planning Excel élaboré pendant une nuit intense de rush à J-2. Si vous aussi vous planifiez un séjour au dernier moment, prévoyez-vous 4h pour préparer votre parcours le plus précisément possible. J’ai utilisé 3 outils majeurs pour faire le mien : Google Maps / Maps.me, Forum New York, et le bouche à oreille. Tu peux cliquer dessus pour voir mieux, tahvu.

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Pour un bon planning, il faut garder 4 choses à l’esprit :

  • Réfléchissez géographiquement parlant, pour regrouper les activités par quartiers ou par voies de transport. Cela permet d’éviter les aller-retours pour rien, et croyez-moi, vous n’aurez ni le temps ni la force d’en faire des tas.
  • Gardez en tête que selon votre degré d’autonomie, vous allez ou non envoyer votre planning au diable et faire un peu les choses comme elles viennent et comme vous le sentez. Mais c’est, je trouve, important d’avoir une ligne directrice dans la poche, au cas où ! Tout peut varier selon la météo, votre fatigue, les mauvais imprévus ou les heureux hasards, ou tout simplement votre humeur.
  • Variez les activités ! C’est un peu un puzzle géant pour mettre les bonnes activités dans les bonnes cases : quel jour, quel moment de la journée, quoi faire, comment s’y rendre, etc. Mais c’est aussi compliqué de varier les activités pour ne pas perdre la tête. Si vous prévoyez votre première journée exclusivement à Timesquare et Wall Street, il est probable que vous finissiez à l’asile le plus proche (enfin, ce serait le cas pour moi). Musées, découverte de la ville, balades dans les parcs, shopping, sightseeing, miam miam : c’est une ville incroyablement riche en activités, alors ne vous focalisez pas sur un seul aspect.
  • Faites-vous plaisir. Ne faites que ce qui vous tente, et pas ce que l’on vous dit qu’il faut absolument faire. Sauf si ça vous tente. Bref, takompri. Et tu comprendras mieux pourquoi je dis ça un peu plus loin. L’avantage d’être en solo, c’est que vous êtes le CAPITAINE A BORD, alors Captain my Captain, listen to your heart, comme disais Dht.

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I like to move it, move it !

Une question te brûle sûrement le clavier : mais pourquoi diable cette moustache ? Hé bien je vais te raconter toute l’histoire de cette moustache. Au début, j’avais mis une icône d’empreintes de pas, illustrant parfaitement la problématique du déplacement à NY. Mais hostie de crisse, cela ne proposait aucun challenge à ton intellectuel déjà fort éprouvé. Et puis j’ai découvert Tic Tac. Un enrobage de douceur révélant un coeur de fraîcheur. Ou un truc du genre. Bref, j’ai mis une moustache. D’ailleurs, si tu décortiques le mot « moustache », tu passeras une heure intéressante, bien que fort peu productive en apparence. Pourtant, la moustache est l’archétype du dilemne de l’apparence. Excusez-moi, j’ai trop sniffé les pétunias. Je disais donc :

Se déplacer à New York est IZI SHIT. Je pense que c’est la ville où je me suis le moins perdue de toute ma vie. D’ailleurs je ne me suis jamais égarée et je n’ai jamais eu de doute sur ma direction. Comment ce miracle est-il possible, me demanderez-vous ? Hé bien c’est tout simplement grâce au nom/numéro des rues, placées dans l’ordre, ce qui permet de toujours savoir où l’on est et où l’on va sur une carte. Dans des villes à l’européenne, avec des vrais noms de rues, il est impossible, même sur une carte, de savoir si tu vas vers la gauche ou vers la droite, à moins de voir le nom de la prochaine rue (souvent pas possible). Or, en Amérique du Nord, et notamment à NY, c’est possible ! 1st, 2nd, 3rd Street… pif paf pouf, je vais par là.

En cas de besoin, j’avais tout de même téléchargé la carte de New York sur Maps.me, mon application fétiche hors-ligne de toujours. J’y avais aussi soigneusement marqué tous les endroits de mon planning, afin de pouvoir m’y rendre sans problème. Une vraie merveille ! A côté de ça, on m’avait mise en garde face au BORDEL du métro new-yorkais. Ayant mis des années à surmonter mon appréhension du métro parisien, je voyais l’utilisation du Subway comme un vrai défi. J’avais au préalable téléchargé la minuscule application Subway Map : NYC (qui est en fait une carte pdf toute simple), pour pouvoir me repérer rapidement dans ce bol de spaghettis géant. Mais quelle idée saugrenue que de me faire du souci ! Les doigts dans le nez que je l’ai fait. Oui oui monsieur. Je n’ai certes utilisé que quelques lignes stratégiques par rapport à mon logement (la ligne 6, green line, est vraiment une des plus récurrentes pour le tourisme, surtout si vous logez à Harlem Est), mais je n’ai pas éprouvé de grandes difficultés à me repérer. Voire aucune. Donc je suis soit fière de moi, soit dubitative par rapport aux échos que j’avais eu. Il faut juste prendre son temps et regarder où l’on va, car le seul élément « tricky » est qu’il y a plusieurs terminus par ligne.

Persuadée d’énormément utiliser le Subway, j’avais acheté la Métro Card 7-Day Unlimited, pour 31$ (27$ + la carte), sachant que le ticket à l’unité est à 2$50. Je ne pense pas l’avoir rentabilisée, mais je pense avoir limité la casse, avec environ 10 trajets au total. L’absence d’indication aux bornes d’achats peut-être un souci, n’hésitez donc pas à demander aux gens qui ont l’air de s’y connaître autour, ou à bien vérifier en ligne le nom de la carte qu’il vous faut. Le cash n’est pas accepté aux bornes, et les guichets avec vendeurs ne sont pas toujours accessibles, donc je vous conseille, si vous arrivez à Port Authority, de vous munir de votre carte de crédit.

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Money, it’s a gas / Grab that cash with both hands and make a stash

Parlons peu, parlons bien, parlons flouz. Le dollar est avantageux. 1 dollar américain équivaut actuellement à 0,88 euros. Cela dit, 1 dollar canadien équivaut à 0,78 dollar américain. les Canadiens y perdent (dans une certaine mesure, car le coût de la vie est tout de même moins cher aux USA), mais les Français que nous sommes y gagnent ! Rappelons qu’1 dollar canadien vaut 0,68 euros. Bref. Tout ça pour dire que vous pouvez a priori faire des petites folies aux USA. Moi j’ai acheté des écouteurs WOUHOU, parce que les miens étaient cassés. Et ne pas pouvoir écouter The All-Amrican Rejects à New York, c’est quand même un sacré blasphème.

Pour retirer de l’argent, si vous avez une carte de crédit internationale (j’ai, pour ma part, une Mastercard Mozaïc), vous pouvez le faire n’importe où mais… vous serez surtaxé. J’ai testé les ATM de plusieurs banques pour vérifier, et même la TD Bank, qui ne me taxe pas au Canada, ajoute 3$ de frais de transaction aux USA. De même pour la Bank of America. Je n’ai pas trouvé de BNP, mais c’est la seule susceptible de vous permettre de retirer des espèces sans taxe supplémentaire (à vérifier). Quoi qu’il en soit, je vous suggère de retirer en une seule fois, selon les dépenses en cash que vous prévoyez de faire (j’ai fait l’erreur de retirer 60$ en 2 fois, donc 2 taxes de 3$, c’est bête).

S’il vous reste quelques dollars américains non-utilisés, vous pouvez A PRIORI les utiliser dans les grandes villes canadiennes, en demandant au préalable aux commerçants. Néanmoins, le taux de change étant différent, il est possible que les commerçants ajoutent un pourcentage supplémentaire et que vous y perdiez. S’il ne vous reste pas grand chose, je vous conseille tout simplement de le donner dans la rue. Je me suis naïvement dit que je le ferai dans la gare (puisqu’à mon arrivée, il y avait pas mal de gens dans le besoin), mais entre 6h du matin et midi, le monde bouge. Pareil pour votre carte de métro : n’attendez pas d’être à la gare pour la donner s’il reste des trajets dessus… C’est bête de gâcher, surtout si cela peut rendre service à quelqu’un, alors pensez-y, peuleuize.

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¿ Cómo comunicar con los gringos ?

En anglais maggle. Et juste en anglais. Mais tu verras, il y a beaucoup, beaucoup, BEAUCOUP de touristes. J’ai croisé énormément de Français pendant mes 4 jours. « On va pas pouvoir marcher pendant 1 mois, mais ça vaut le coup. » Ah, si tu savais l’état de mes pieds, compatriote. Bref, les Américains sont souvent bienveillants, surtout face aux touristes. Je me suis faite passer pour une Canadienne dans plusieurs commerces (j’allais pas raconter ma vie, et ma monnaie canadienne, que je confondais avec l’US, me désignait comme telle), et c’est un bon prétexte pour engager la conversation. La sociabilité « à la new-yorkaise » est aussi sympathique. Je me suis faite aborder plusieurs fois en mode « hey, what’s up ?« , puis longue conversation intéressante et bye bye, ni vue ni connue je t’embrouille ! Très agréable. C’est ce qui manque, je trouve, au Canada. Bon par contre, les premiers mots qui m’ont accueillie en sortant de Port Authority étaient « Ugly« . Ça ne fait qu’un mot, d’ailleurs. Et ça fait donne toujours le moral, même si c’est vrai. Passons.

Quid de l’accent ? Je me considère comme ayant un bon niveau d’anglais, mais je vous avoue qu’il m’a fallu, le premier jour, demander à plusieurs commerçants de répéter, parce que le décalage anglais CA/US est un peu violent. C’est pas la mer à boire non plus (et ça me rappelait Toronto) si vous avez un niveau correct, mais je pense que pour les niveaux un peu bas, il est nécessaire de ne PAS PANIQUER AAAAAAH KESKIDI IL ARTICULE PAS C’EST UNE PUREE DE MOTS. Mais à part ça, tout va bien. Laissez juste à votre oreille le temps de s’habituer.

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Te voilà donc armé pour affronter en solitaire la Grosse Pomme (et ce n’est pas une pomme Canada, ACH ACH ACH).
Maintenant, place à la VRAIE histoire. Après les préliminaires, les liminaires.

Liminaire, adj : se dit d’un stimulus qui est juste au niveau du seuil.

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