article express sur comment faire son deuil de l’hiver
Il est temps que l’on en apprenne plus l’un sur l’autre, tu ne crois pas ? C’est vrai, après tout, je te raconte ma vie, et je ne sais rien de toi. Par exemple, brisons la glace et partage avec moi ton expérience : as-tu déjà vu une de ces fameuses vidéos où l’on voit des vaches sortir de l’étable à la fin de l’hiver, redécouvrant avec délice l’herbe verte sous leur sabot et le grand espace extérieur ? Laisse-moi éclairer ta lanterne.
Voilà. Hé bien au Canada, c’est pareil. Dès qu’on dépasse les 3 degrés, C’EST LA TEUF MAGGLE. On gambade joyeusement, on fait péter les t-shirts, voire les shorts. On dépoussière les gougounes religieusement, on note sur son calendrier quand rentrer ses bottes définitivement, et on trépigne à l’idée de se plaindre à nouveau de la chaleur. Après environ 6 mois de froid, de yoyo météorologique, 1 gros mois de slush et un rhume mensuel, l’arrivée du soleil, ne serait-ce qu’une après-midi, est un véritable miracle pour le moral ! On sort les vélos, les frisbee, les paniers à pique-nique.
Presque aussitôt, les arbres glougloutent de la fonte des neiges, les premiers oiseaux téméraires font leur grand retour (quelle joie de voir les outardes revenir en bandes !), les jardiniers municipaux plantent les premières plants. Les écureuils reviennent peupler nos poubelles et les marmottes se prélasser sur la pelouse tandis qu’un lointain air de festival se profile. On imagine à nouveau les pommiers en fleurs, le parc Jarry plein à craquer, les écureuils obèses, les gamins bruyants, les terrasses surpeuplées et les glaces molles à la lavande. Le matin commence un peu plus tôt, et le soir est un peu moins le soir. Il fait été dans nos armoires et le temps des impôts sonne le glas de l’hiver. La dernière raclette à Val-David était notre adieu marqué à l’hiver de 2017.
Comment ça, Val-David ? Encore ? Hé oui, encore ! Il semblerait que ce soit mon nouveau lieu de pèlerinage incontournable, quelle que soit la saison. Tout a commencé avec une histoire de jambon (comme souvent, tu me diras). On m’a en effet vanté les mérites goûtus du jambon du Petit Poucet, situé à Val-David : un restaurant de cuisine traditionnelle québécoise de qualité (plats de l’érable, plats typiques, etc.), le tout dans un décor de chalet emblématique. En effet, avec son énorme foyer central et sa décoration de type bûcheron, impossible de se croire dans un restaurant indien (les photos viennent d’internet) !


Quid de la nourriture ? Forcément un peu plus cher que les petits restaurants de quartier, le Petit Poucet possède cependant une certaine renommée dans le domaine : le menu est vaste, et les spécialités probablement toutes aussi bonnes les unes que les autres. Nous avons opté pour un partage d’une entrée et d’un plat avec le Lynx :
- Raclette
- Jambon fumé au bois d’érable, röstis, fromage à raclette fondu. Pour ton info, le röstis est une galette de pomme de terre suisse.
- L’assiette québécoise
- Tourtière, jambon fumé au bois d’érable, fèves au jambon, pommes de terre sautées.
Mais ce qui importe VRAIMENT, c’est qu’avant même de commander, nous avons eu du pain et du beurre. Et ça, ça n’a pas de prix. Nous avons ensuite été faire un tour au comptoir, où nous avons acheté un jambon fumé à l’érable, pour tenter de reproduire l’inimitable farce de ma grand-mère.
Côté dessert, nous avons été sages puisque nous avions découvert, la même semaine, le fameux pouding chômeur, réalisé par A. pour ma fête. Un délice ! Wikipédia le décrit de la façon suivante :
Le pouding chômeur daterait de la crise économique de 1929, une période de mise à pied massive dans les quartiers industriels de Montréal. Les familles devaient se débrouiller avec le peu de ressources qu’elles avaient et la recette fort simple du pouding chômeur s’est rapidement propagée dans tous les milieux défavorisés de Montréal et de ses alentours. Les produits utilisés étaient peu coûteux et répandus, comme la farine, le beurre, le lait et la cassonade (moins chère que le sucre à l’époque), qui sont les quatre ingrédients originels de la recette. Ce dessert est devenu un classique de la cuisine familiale et des restaurants populaires au Québec.

L’un des meilleurs moyens d’accueillir l’été a ensuite été de profiter un maximum des rayons du soleil, au parc régional de Val-David, d’une part, puis sur la terrasse du café C’est La Vie, d’autre part. Du grand bonheur comme jamais. Tu sens littéralement toutes tes cellules frétiller et se gorger de toute la chaleur qu’elles peuvent. Couche par couche, tu enlèves prudemment bonnet, écharpe, pull, sous-pull, jusqu’à te retrouver à poil en t-shirt sans comprendre dans quelle dimension parallèle tu te trouves.
Bref. L’été s’en vient !

Merci Gwen
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